Ma fIN !

Je finirais mes jours dans une paix monotone, loin de la vie bourgeoise et prolétaire, errant, munni d'une canne en bois de cèdre à pommeau d'argent incrusté du meilleur ivoire. Ou encore, je ne quitterai plus le petit hôtel du quartier élégant d'une ville hanséatique, gracieusement assis dans un fauteuil fait de quelque essence interdite et couvert de coussins milleraies.
Mais peut-être habitrais-je un chateau délabré, dans un paysage dépouillé et venteux, égrenant les heures près d'une cheminée colossale où se consumeront bouleaux et pommes de pin.
Ou je préférerais une ambiance plus coloniale : d'une terrasse ombragée, pavée de nacre et d'émail ancian, sur une chaise syrienne, il contemplera une vallé sauvage, semée de cyprès.

Je ne serais pas bien vu dans la plupart des maisons de retraites. Il est vrai que je ne m'éablis pas de mon plein gré dans un tel lieu. Si je viens à mourir jeune (ce qui est souhaitable pour des raison estéthiques), la mort m'est un soulagement.
A vivre constamment dans le luxe et l'ennui, je risque de sombrer dans la faiblesse psychologique.
George Brummell et Robert Coates s'éteignirent dans le plus complet dénuement, ce qui, hélas, est assez souvent le cas dans ce milieu. Tous deux se vêtirent néanmoins avec élégance jusqu'à leur dernier souffle.

Ce que je deviendrais est sans importance, les choses que j'aurais vécues en ont davantage. Je conserve juqu'au bout mon air mystérieux et blasé. "because there's snobbery in every age".

A offrir a quelques privilégiés conviés à mes funérailles : un sorbet de liqueur de noix au caviar et un champagne tout simple, dans le genre "Veuve Cliquot Ponsardin - Cuvée Grande Dame".
Il sera encore de très bon ton que je possède un caveau au père Lachaise. Mais très chic est le cimetière du Petit-Picpus, où l'on transporta les aristocrates guillotinés.

Je songe aussi au mot de Chamfort, outragé d'apprendre que Madame de Pompadour était enterrée à la chapelle des Augustins : "Quoi ? Les arêtes de Poisson à coté des grands os de La Trémoille !!"

Et si à ce moment la j'ai des chiens, je ferais comme un certain Borkley de Knights Bridge, à Londres. Je laisserais à mes quatres chiens une rente de vingt-cinq euros par semaine. Leurs bustes montant garde au quatres coins de ma tombe.

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