Mon pied-a-Terre - 1

Excepté quelques banlieues chics, j'évite la périphérie. L'emplacement de ma maison est une valeur sûre. Dans ce domaine comme dans d'autres, j'ai une chance indécente. Je m'établit sans gêne dans n'importe quel quartier, diplomatique comme aujourd'hui ou prolétaire comme demain, celui de la gare ou du port : quelle aisance et quelle insouciance !

J'évite les quartiers à la mode ; j'y serais constamment dérangé par des bobos et autres espèces du genre parvenu. les îles sont parfaites pour moi. Mais peu importe l'endroit où j'aurai élu domicile, ma maison aura toujours ce "je-ne-sais-quoi" dont le Français moyen n'ose rêver, tant il est éloigné de la réalité.

Ce n'est donc pas une question de surface, de mètres carrés, comme le pensent les nouveaux riches et bobos qui enménagent fièrement dans des lofts désaffectés. Quelle faute de goût ! Presque aussi grave que la magnificence des palais américains des Stuyvesant, des Venderbilt et des Astor, autant de familles qui ne faisaient pas de différences entre le style Premier-Empire t le style Louis XV ! Leurs demeures en sont que de méchants succédanés.

Le bon goût n'est pas donné à tout le monde, et c'est peut etre mieux ainsi. La décoration intérieure a ses normes esthétiques et nécessite quelques connaissances de base : toute forme de négligence sera en parfaite harmonie avec ma personne !!

Le désinterêt, mon emblème, est si prégnant dans ma demeure qu'il faut oublier le confort. Ainsi y trouve t-on parfois, des meules plaisants à admirer mais dont on n'aimerait point avoir à se servir. Je, rappelons-le une fois encore, suis un être unique, qui ne désire pas voir proliférer ma race fragile. Ne tentez donc jamais de copier mon savoir-vivre et mon standing. de la classe, un sens personnel du confort, un jeu de contrastes surprenant sont de solides critères.

Ce n'est pas parce qu'un magazine de décoration à la mode présente un repaortage, avec de gros titre tels que "la folie du piedestral" ou "le charme d'une moutiquaire", qu'il faut le croire ! "Séparer sans cloisonner", "ambiance et alliance de charme", "fantaisies d'Asie", "jouez avec les papiers peints", "un drapé de platre", "le retour du baldaquin", "le bon usage du rotin", "les boiseries ajoutent à l'intimité de la pièce", vous en trouverez pour tous les styles et tous les budgets ! 

Soyons clair : premièrement,vous n'avez pas de besoin de ces lectures vulgaires pour savoir comemnt amménager votre maison ; deuxiemement, pourquoi coryez-vous qu'il existe des architectes d'intérieur ?

Ma fIN !

Je finirais mes jours dans une paix monotone, loin de la vie bourgeoise et prolétaire, errant, munni d'une canne en bois de cèdre à pommeau d'argent incrusté du meilleur ivoire. Ou encore, je ne quitterai plus le petit hôtel du quartier élégant d'une ville hanséatique, gracieusement assis dans un fauteuil fait de quelque essence interdite et couvert de coussins milleraies.
Mais peut-être habitrais-je un chateau délabré, dans un paysage dépouillé et venteux, égrenant les heures près d'une cheminée colossale où se consumeront bouleaux et pommes de pin.
Ou je préférerais une ambiance plus coloniale : d'une terrasse ombragée, pavée de nacre et d'émail ancian, sur une chaise syrienne, il contemplera une vallé sauvage, semée de cyprès.

Je ne serais pas bien vu dans la plupart des maisons de retraites. Il est vrai que je ne m'éablis pas de mon plein gré dans un tel lieu. Si je viens à mourir jeune (ce qui est souhaitable pour des raison estéthiques), la mort m'est un soulagement.
A vivre constamment dans le luxe et l'ennui, je risque de sombrer dans la faiblesse psychologique.
George Brummell et Robert Coates s'éteignirent dans le plus complet dénuement, ce qui, hélas, est assez souvent le cas dans ce milieu. Tous deux se vêtirent néanmoins avec élégance jusqu'à leur dernier souffle.

Ce que je deviendrais est sans importance, les choses que j'aurais vécues en ont davantage. Je conserve juqu'au bout mon air mystérieux et blasé. "because there's snobbery in every age".

A offrir a quelques privilégiés conviés à mes funérailles : un sorbet de liqueur de noix au caviar et un champagne tout simple, dans le genre "Veuve Cliquot Ponsardin - Cuvée Grande Dame".
Il sera encore de très bon ton que je possède un caveau au père Lachaise. Mais très chic est le cimetière du Petit-Picpus, où l'on transporta les aristocrates guillotinés.

Je songe aussi au mot de Chamfort, outragé d'apprendre que Madame de Pompadour était enterrée à la chapelle des Augustins : "Quoi ? Les arêtes de Poisson à coté des grands os de La Trémoille !!"

Et si à ce moment la j'ai des chiens, je ferais comme un certain Borkley de Knights Bridge, à Londres. Je laisserais à mes quatres chiens une rente de vingt-cinq euros par semaine. Leurs bustes montant garde au quatres coins de ma tombe.

Mes principes - 1

La carte d'identité Française ne garantit plus automatiquement à son détenteur l'appartenance à l'élite mondiale. Paris est devenue la banlieue de Disneyland et il règne parfois, même en France, un climat de suspicion, comme si l'art, la beauté et l'extravagance étaient l'oeuvre du Diable.
L'expression "politiquement correct" a gagné du terrain. Certes, il reste des réactionnaires, mais ils sont trop nombreux pour former une élite et ils manquent souvent de classe. La littérature française offre pourtant de superbe témoignages d'époques bien plus snobs que la période actuelle : Charles Baudelaire, Jules Barbey d'Aurelly, Stendhal, Théophile Gautier, Stéphane Mallarmé, et bien d'autres... Mais qui lit encore ces classiques ? Pas moi !

Aucun Français, en revanche, n'ignore les mots : "Liberté, Egalité, Fraternité." L'heure est venu d'y preter la plus grande attention.
Le premier d'entre eux, en effet, est indispensable pour moi : la liberté de faire ce que je veux, le sans-gêne est MUST.
Le deuxième et le troisième sont, au contraire, mes principaux ennemis. Nota Bene : les deux tiers de la devise nationale ! Qu'on se rassure, Je ne suis pas pas nationalité déterminée ! La grandeur d'Ame n'est pas une question de papier d'identité ou de titre de voyage, même si le passeport suisse, que je n'ai pas, a toujours un cachet d'élégance.

Je suis un autodidacte qui vit dans l'isolement, partant du principe que le monde n'est pas digne de ma présence. Dans mes mémoires, Lady Hester Stanhope rapporte ce propos de George Brummell, expliquant son époustouflant succès : "Qui a jamais entendu parler du père de Brummell ; et qui aurait entendu parler de Brummell lui-même, s'il avait été simplement ce qu'il est ? Voyez-vous, chère Lady Hester, ma folie, c'est le making of me. Si je n'avais fixé d'un oeil impertinent les duchesses jusqu'à leur faire perdre contenance, si je n'avais salué le prince d'un simple signe de tête par-dessus mon épaule, j'eusse été oublié en une semaine ; et si  le monde est assez sot pour admirer mes fadaises, nous savons, vous et moi, à quoi nous en tenir, mais qu'est ce que cela signifie ?..."

"Qui abolira la noblesse, fera disparaitre le peu de poésie qui reste en ce monde !", déclarait Théodore Fontane à la fin du XIXe siècle. On sait ce qu'il en est aujourd'hui. Une seul solution : 

Je crée ma propre Noblesse ! Je modifie mon attitude ! Je suis inventif, je suis blasé, j'éblouie sans effort !!! J'ai appris sans tarder l'expression du dédain et je me réjouis de l'accueil que l'on me fait dans les meilleurs sociétés et les lieux les plus nobles ! 

Je suis devenu Lacenaire, criminel lettré au verbe pur et élégant ; je me suis doté, comme le héros de Balzac, "d'une beauté de jeune fille, beauté molle, efféminée, mais corrigée par un regard fixe, calme, fauve et rigide comme celui d'un tigre".

J'ose préférer l'exclusivité et l'adversité. Est ce que j'aimerai rencontrer mon double à chaque coin de rue ? NON ! Je brille par mon silence et mon absence.

Un certain temps, je pensais manquer de goût vestimentaire. Mais je me suis fait une raison ; je ne suis jamais overdressed ! je confie à l'humanité, qui souffre aujourd'hui de boulimie, un peu de dignité et je lui souffle quelques valeurs. En tant que Français que je suis, j'ai la fantaisie et l'imagination dans le sang. Je suis la nation des beaux-Arts, du foie gras, de la guillotine, du savoir vivre 100%, jusque dans le choix de ma brosse à dents.

Ma RELIGION

Selon Flaubert, ceux qui prêchent le Bon Dieu "expliquent l'incompréhensible par l'absurde. Quel orgueil que celui d'un dogme quelconque !"
Soumission, hypocrisie, dévouement aveugle, c'est ce que j'attend d'autrui, pas de moi-même. Je suis un épicurien, ce qui rend pour moi toute obédience religieuse quasiment impossible.

Dans ce domaine comme en politique, je suis eclectique et tolérant. Je suis donc peut-être athée ou, vu que la froideur et la rigidité m'attirent, protestant. Mais le protestantisme me met trop souvent en garde contre la prodigalité et l'incite à la tempérance. Et puis, comme dit Baudelaire : "Les pays protestants manquent de deux éléments indispensables au bonheur d'un homme bien élevé, la galanterie et la dévotion."

Je suis un Snob Catholique ayant une tendance anti-puritaine à collectionner relique et statues, ce qui me donne un air bourgeois. Avoir des stigmates n'est pas très snob non plus.

J'ai tenté devenir témoins de Jéhovah, mais ce n'est pas assez snob pour moi. POurtant ils prétendent appartenir a une élite. Mais comment le pourraient-ils ? Puisque le moindre signe de vanité est tenu, chez eux, pour pêché mortel.

Il faut céder aux tentations proclamait Oscar Wild, "car il se peut qu'elles ne reviennent pas !"

Puis j'ai pensé au Judaïsme qui se veut aussi une religion d'élus, mais il est épuisant, de même que l'islam, car trop fanatique. Seuls, le sabbat et le ramadan imposent une agréable paresse.

Cependant, ma paresse est innée, spontanée, elle n'a point  besoin de la bénédiction d'une autorité religieuse.

Le bouddhisme (se défaire de ses envies afin de se libérer de la souffrance) rejoint quelque peu la philosophie du dandysme, qui veut que ses adeptes soient capable de se priver de belles choses. C'est en effet la le comble du snobisme dont je fais parti.

Mais qui aimerait à se martyriser au point de se priver du luxe et du péché le splus élémentaires ? Que diable, il y a de l'esthétisme dans le péché !!!

Les raisons qui m'interdisent de prendre part aux cérémonies religieuses sont les mêmes que  celles qui m'empêchent de me manifester sur le plan politique.

Je suis encore un apprenti dans la religion, comme n'importe quel autre. Je peux aussi avoir besoin de ces ersatz de dieux dont les magazines sont le sprophètes. Peu importe qui j'idolâtre, cette hystérie de masse doit cesser immédiatement en ce qui em concerne. J'espère qu'elles n'ont pas encore laissé en moi des traces indélibiles.

Je n'admire personne (ou presque), c'est moi qu'on adore ! J'ai un controle parfait sur moi même et, pour premier commandement, cette affirmation d'Oscar Wilde : "L'égoisme est le fondement d'une personnalité solide et belle !"

Schopenhauer enchérit : "Pour être heureux dan sla vie, la personnalité est primordiale ; elle joue le rôle le plus important, parce qu'elle est active à tout moment et dans toutes les circonstances ; cependant elle 'nest pas, comme les choses matérielles, soumise au destin et ne peut être arrachée."

MON CORPS - 1

Le jogging, les associations sportives et autres lieux où l'on transpire en collectivité sont trop populaires et bourgeois pour moi. J'évite également : les centres de beauté. Pourquoi croyez-vous que les masseurs et le personnel de manucure proposent leurs services à domicile ? Si je désire toutefois faire une cure dans quelques villes d'eaux, je préfère celles où les tsars et les empereurs m'auront précédé. Par souc d'apparence et de décorum, je me montre sporadiquement à des concours hippiques ou des tournois d'escrime. Voilà les seules activités physiques que je me permet.

Mon corps n'évoque pas forcement celui d'un athlète. Cependant, je suis plus grand que la moyenne, afin de toiser élégamment - car sans effort - les populations. Il n'existe pas; à ma connaissance, de snobs naims ou bossus.
Je suis au corps voluptueux "de bon ton" comme l'époque de l'Empire Romain, mais les choses changent, et l'obésité est une preuve de faiblesse et la marque d'une alimentaiton médiocre.

J'ai le nez d'un Médicis et les lèvres des Hasbsbourg qui font de moi un gage de finesse et volupté. Des oreilles à petit lobe, des yeux vert d'huitre (mention dans mon passeport !!), un coup de cygne et un front attrayant sont des signes de distinction.

Etant un adepte du snobisme, bénéficiant de l'assurance sociale Française, les maladies les plus chères, donc les plus chics, sont les troubles psychiques, les malformations dentaires et les symptômes mystérieux.Une autre marques de dégradation physique, telles qu'un air quelque peu efféminé, ont également droit de cité : elles sont dérangeantes et raffinés. Acceptable, aussi, mes yeux légèrement cernés et quelques rides d'expressions. Ils confirmes l'intensité d'une vie, la désillusion blasée et l'interminable ennui qui s'ensuit.

L'ambiance - 1

Un passe-temps très recommandé : le jardinage.

C'est  une occupation élégante et cultivé, qui n'est pas réservée aux seuls snobs écologistes. Le premier passionné de jardinage de sang royal fut l'Electeur de Saxe Moritz. Au milieu du XIIeme siècle,alors qu'une partie importante de la vie sociale des chatelaînes se déroulait hors des demeures, dans les jardins d'arbres fruitiers, d'herbes aromatiques et de fleurs, et dans la compagnie de troubadours au visage d'ange, intramuros les aristocrates se découvraient une véritable passion pour la botanique.

Moritz fonda même une école pour Electeurs, où l'on apprenait à se tenir devant son personnel et à la cour, ainsi qu'à préserver, au sein de celle-ci, une atmosphère discrète d'élégance et de pompe.

Au XVIIIeme et XIXeme siècle; la culture des fleurs et des plantes était deja devenue le passe temps favori de l'élite.

Bien évidement j'évite les pelles et les tondeuses à gazon. Je ne fais que les travaux délicats, ceux qui requièrent du doigté et de la finesse. Pour le reste j'ai mon personnel.

Mon comportement - 1

J'ai l'air toujours ennuyé, sans pour autant donner l'impression que j'ai l'oeil triste. La tristesse n'est pas de bon ton, avertit le prince Korasoff dans "Le rouge et le noir". Car si je suis triste, c'est qu'il me manque quelque chose ; je suis donc un être inférieur. En revanche, si je m'ennuis, c'est que l'on a vraiment tenté de me satisfaire. Ce sont alors les autres qui ont échoué, ce sont eux les inférieur. Il importe peu que je soit aimé ou haï ; dans les deux cas, on me respecte. J'intrigue dit-on ! Au demeurant, je me moque éperdument de ce que l'on pense de moi. Je sais que je domine toujours et que je snoberais tous les autres.

Voyez quel naturel je met à la domination : voyez comme je suis arrogant, souverain, spontané et léger. Je vous embrasse soudain du regard, et me voila frappé d'ennui, méfiant, quasi dégoûté. Puis, c'est vous qui serez frappé : vous tombez sous le joug de mon élégance, vous etes réduit à néant, aveuglé par mon charme, sans défense.
J'ai un grand besoin de distance ! Physique et spirituelle. Votre servilité m'irrite.

Vous voulez vous adresser à moi ? Déployez la plus excentrique élégance, montrez-vous d'une parfaite authenticité ou gardez en reserve quelque mystère susceptible d'attirer mon attention. Néanmoins, il est peu probable que je vous remarque. Je suis blasé. D'une indiférence méphistophélique. Malgré vos vetements flamboyants, malgré toute la peine que vous vous donnez pour devenir l'un de mes proches, beaucoup reste invisible.

Nul qu'à votre première rencontre, je trouve votre intrusion fort irritante, mais je tolère poliment. Je peux même vous gratifier d'une phrase, du style : "Il me semble que j'ai déjà entendu parlé de vous..." et vous en etes immensément flatté. Ne vous rengorgez pas : vous savez bien que vous n'avez rien à m'offrir ! Il se peut aussi que je déclare tout net ne plus me souvenir de votre visage.

L'argent - 1

L'argent comme le travail, ôte toute noblesse à la vie. Je ne mendie plus les tickets de caisse, les fiches de taxi, les quittances en tous genre. J'ai désapprie au plus vite ces vilaines attitudes et je snobe tous les ci-devant yuppies et les bobos de mon entourage, qui, a cause ou en dépit de leurs ambitions carriéristes, souffrent d'un manque d'indépendance artistique et d'une insuffissance de goût personnel.

L'argent est chose trop vile, pour que je devienne avare et parcimonieux. Les richesses, selon Gide, ne sont belles à amasser que pour les dépenser facilement ensuite. Et puis, interroge Renan : "Amasser pour les héritiers qu'on ne verra jamais, quoi de plus insensé ?"

Quelle quantité d'argent faut-il pour atteindre mon niveau ? Difficile a dire : cela doit rester un mystère. Je suis peut etre très riche, mais aussi très pauvre. Une de mes lois est de ne jamais montrer que je suis dans le besoin. Au contraire : Je possède tellement que cela devient ennuyeux. Le guichetier de ma Banque n'apprécie pas ? Rassurez-vous : vu les ennuis que j'ai, je suis reçu par le directeur en personne ! Au demeurant, je jète, dès reception, les relevés de mes comptes. Je ne les ouvre même pas. je suis d'ailleurs pas obligé de vider ma boîte aux lettres.

Il arrive que j'oublie carément l'existance d'un de mes comptes bancaires. il est ainsi des jours ou je suis plus riche que je ne le crois moi même. Je m'offre donc le privilège de déposer mes biens dans une banque étrangère et de les oublier. (humour...)

Je ne me souviens jamais du prix que j'ai payé un article. Idem pour le montant de mes dettes : que je n'ai d'ailleurs pas.
Inutile de tricher sur ma déclaration d'impot et de raconter fièrement ma petitesse à mes amis. J'aime le risque, je me fiche du profit. Si j'ai de l'argent, je le jette par les fenêtres. Si j'en ai pas, je le jête quand meme !!
"Noblement, le monde périra", affirme un dicton, pourtant allemand.

Le Travail

Puisque je n'aime point travailler, il nous semble inutile de développer exagérément le sujet. Le travail rabaisse l'homme au niveau de la machine. N'ayant pas vraiment les moyens d'éviter le stress professionnel, j'ai choisi un métier fait pour moi : donner des ordres, par exemple.
Ou bien je tente d'etre un conseiller artistique de renom, faisant autorité.

Baudelaire estimait qu'il fallait travailler, "sinon par goût, du moins par desespoir, puisque, tout bien considéré, c'est moins ennuyeux que de s'amuser".
J'use de cartes de visite, mais je parts du principe que l'on doit me connaître et me reconnaître, j'utilise encore moins de curriculum vitae.

Ma gastronomie - 1

Je suis, pensez-vous, plutot flegmatique. Je suis en outre d'une sveltesse aristocratique légèrement bedonnante. Et pourtant, sachez que je nourris une passion méticuleuse pour l'art culinaire. Déjà vous songez à la nouvelle cuisine (qui reste populaire parmi les nouveaux riches et autres parvenus). Oubliez-la : son sobre glamour est vraiment dépassé.

A mon menu, mon habituel purisme raffiné, le souci du détail. Souci qui, cela va sans dire, fait abstraction du prix.

Qu'est ce que je cache dans mon garde manger ? Ne vous étonnez pas si vous n'y trouvez rien ! Mais ce qu'il y aura sera un rare délice. Renne fumé (fraichement importé) ; miel de Haute-Cévenne ; trois sortes d'eau (dont une servies aux cours royales française) ; confitures de mûres et de potiron (faites dans ma maison sis dans les chateaux de la Loire) ; foies de canard (marinés à Saint-Antonin-le-Noble-Val).

Se méfier des imitations et contrefaçons. Si je ne trouve pas de jeunes apprendtis ou de fournisseurs de tables royales à proximité de chez moi et si je n'ai pas de moyen sûr de me faire livrer, je Jeûne !!! L'anorexie me donne également une touche aristocratique ! Ou encore, devrais je trouver un personnel pour les courses ?

Je ne sais pas me servir d'un caddie. Paradoxalement j'aime le micro-ondes, mais je fuis les buffets au Beaujolais nouveau et toutes les boissons saisonnières du folklore Francophonne, la nourriture du parvenus genre Sushi ou steacks d'Autruche. Mieux vaut encore se faire livrer une pizza dans ma garconnière !!!

Ne m'invitez jamais, à moins d'être tout à fait sûr de vos talents culinaires. Tant au goût, tant de raffinement me rend parfois pénible !!

Ma Politique - 1

Politiquement parlant, je suis aussi une énigme et je me révèle très inventif. Mes opinions en la matière représentent un amalgame illimité d'idées ultraréactionnaires (je pourrais même raffoler des dictatures ;-) et d'opinions populaires et démocratiques (ces dernières, néanmoins, restent très modérées et essentiellement philosophiques car, bien sur, je fuit les manifestations de masse !).

Je peux aussi avoir des moments de nostalgie royaliste, ou encore, sporadiquement, nourir des sentiments anarchistes et terroristes (sans dépasser la mesure ;-).

La provocation est un bon remède à mon ennui ; politiquement, je mélange donc toutes les opinions de façon aussi enfantine qu'éhontée.
Bien évidemment je ne vote pas !!! Comment justifier mon appartenance à un groupe ? !

Puisque je me surprend toujours, sans me surprendre moi-même, mes commentaires politiques sont souvent très ambigues. Un peu dans le style de Lord Byron qui, après s'être donné un mal fou pour défendre la cause des minorités défavorisées de tout poil, déclarait : "L'instauration de la république universelle fera de moi l'avocat du despotisme absolu !"

Mon apparence - 1

Le maintien et la provocation sont un Art. L'art de me créer. Je ne suis jamais à court d'idées. La Haute Couture, une solution ? Hélas, elle n'est plus ce qu'elle était. Comme la noblesse, elle a perdu ses valeurs. Qui la porte encore ? Quelques princesses du pétroles, les épouses des mafiosi russes ? Proust en faisait déjà le constat : une femme qui porte une robe Vénitienne n'est pas forcément vénitienne elle même.
Un minimum de chic et de classe élémentaire sont suffisants pour mon dressing-room de base. J'adopte des vêtements hors mode et hors du temps, lorsque je flâne avec mon parapluie un jour de beau temps, ou que je rencontre (vraiment par hasard) quelques connaissances mondaines rue du faubourg Saint-Honoré.
Je ne suis pas victime de la mode.

Je suis intransigeant avec le personnel des magasins que je fréquente. Je ne le laisse pas me manipuler. Je l'averti d'emblée que son opinion ne m'intéresse point.
Je ne suis jamais satisfait. C'est pour cela que je recours au service d'un tailleur nommé Scabal, appliqué et humble, prêt à me servir jour et nuit. Il réalise avec ardeur et diligence ce que je lui commande, qui se mariera parfaitement aux accessoires de quelques marques sûres et m'assure un chic authentique.